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Le terme "naïf" a été employé pour la première fois a la fin du XIXe siècle, pour qualifier les jungles exotiques aux luxuriantes végétations du Douanier Rousseau et, par la suite, pour décrire les plages, les palmiers et les Tahitiennes de Paul Gauguin. La première exposition d'art naïf a été organisée à Paris en 1928 par Wilhelm Uhde. Elle réunit les oeuvres de cinq peintres dits "du Coeur Sacré" : Le Douanier Rousseau, Louis Vivin, Séraphine de Senlis, André Bauchant et Camille Bombais. A la même époque, le mouvement naïf a commencé de se développer aux Etats-Unis, en ex- Yougoslavie et à Haïti. Depuis, cet art ne cesse de s'étendre à travers le monde. il n'est aujourd'hui plus considéré comme un genre mineur mais comme un art authentique.

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Les artistes dits naïfs sont pour la plupart autodidactes, et issus de milieux modestes. Ils choisissent souvent de rester dans l'anonymat, bien que quelques-uns aient connu la notoriété. Leurs tableaux sont des produits de l'instinctif, de l'empirique et du spontané, reflétant leur sensibilité propre. Ils refusent de se conformer à une théorie artistique, et ne se réclament d'aucune influence. Les oeuvres naïves sont marquées par une innocence et une sincérité du regard. Les couleurs éclatantes, l'aplatissement de la perspective et souvent une "maladresse" du trait évoquent, pour certains, le dessin enfantin. Mais l'art naïf, sous sa désinvolture, cache des conventions techniques et optiques très élaborées, une stylisation et une volonté de structuration et d'harmonie visuelle dont l'enfant ne s'embarrasse guère. Certains préjugés ont assimilé longtemps cette école à l'insuffisance technique, créant l'idée que la maladresse est à l'origine du genre.

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En réalité, le genre s'accommodant de la maladresse et la simplification est aussi un moyen de dépassement pour les artistes qui s'en servent pour imprégner leurs créations d'un pouvoir signifiant.

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La galerie d'art naïf de Tel-Aviv, GINA (Gallery of International Naïve Art) a été fondée début 2003 par le collectionneur israélien Dan Chili. Son propos est l'acquisition et le négoce de tableaux naïfs originaires du monde entier.
Elle entretient pour ce faire des relations continues avec de nombreux artistes et leurs galeries représentantes en Afrique, Argentine, Australie, Belgique, Bolivie, Croatie, Espagne, France, Grèce et au Brésil, Canada, Chili, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Portugal...

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La galerie Gina soutient la quête des artistes naïfs vers le "paradis perdu", les encourage à communiquer leurs visions intemporelles de la réalité et concrétise le forum ou leurs talents peuvent se rencontrer et être exposés.

Sa motivation est aussi de nourrir la curiosité et l'appréciation des amateurs d'art pour ce genre aux multiples visages et d'introduire sa beauté particulière au public encore innocent de son existence et de son importance parmi les différentes écoles artistiques.

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Pour la première fois en Israël, la galerie Gina va bientôt accueillir quelque cent oeuvres naïves originaires de France, de Belgique et du Canada. L'exposition "Naïve joie de vivre", qui s'y déroulera du 22 février au 13 avril 2007 prochains, réunira les travaux de nombreux artistes de grand talent.

Parmi les peintres français, seront présents Lucien Vieillard, Geneviève Peyrade, Roger Boissier, Luc Fourmaux, Henri Bruel, Thérèse Pouget, Geneviève Terver-Noël, Charlotte Lachapelle, Danielle Bonniol-Ferrus, Arme Strasberg, Chantal Sellan, Martine Guin-Guand, Martine Clouet, Elizabeth Davy¬Bouttier, Yolande Salmon-Duval et Judith Langellier.

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La grande richesse historique et la longue tradition culturelle de la Belgique, alliées aux paysages pastoraux et l'architecture particulière de ce pays, fondent les bases de la fraîcheur et de l'intelligence de ses peintres naïfs.
Il semble exister un lien direct entre le réalisme moyenâgeux de Peter Bruegel et l'exactitude technique et la vision poétique des grands peintres naïfs belges d'aujourd'hui.

Parmi les artistes belges participants à l'exposition on trouvera Francine Cuylits, Jean-Pierre Lorand, Christine Servais, Monique Shaar, Nadia Becker, Agnès Bogaert et Marie-Louise Batardy.

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A l'opposé de l'amalgame culturel qui s'est développé parmi les populations immigrantes aux Etats- Unis, les artistes canadiens persistent dans la défense et l'expression de leurs identités ethniques originelles, tout en représentant, avec originalité et candeur, leur nouvel environnement.

La plupart des peintres naïfs du Canada vivent et travaillent loin des métropoles. Leurs oeuvres traitent ainsi naturellement de nature et de solitude, de feux de cheminées familiaux et de la vie campagnarde.

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Parmi les oeuvres canadiennes exposées seront celles de Barbara Sala, Cécile Emond, Marcel Pdrgis, Lisette Breton-Forbes, Claudine Pieters, Jacqueline Rivard, Louise St.-germain et Marthe Comtois.

Galerie GINA : 255, rue Dizenghoff, Tel-Aviv. Renseignements. 03-544 41 50/60.

Sandrine Bendavid (Jerusalem Post Edition Française, février 2007)