Au début, Fred jouait de la guitare et imitait Neil Young et Murray Head, dans la banlieue de Maurepas, à l'ouest de Paris. Ses toutes premières influences musicales sont celles de ses copains, amateurs de sound system, de rap et de reggae. Apres ses études, il est monteur de décors de théâtre, vendeur de canapés, ouvrier forestier et éducateur sportif. Puis, un beau matin, il part en voyage : l'Argentine, la Bolivie, le Chili, le Brésil, la Patagonie, l'Ethiopie...Toutes les musiques rencontrées dans son périple sont présentes dans ses chansons qu'il interprète solo, accompagné d'une guitare acoustique.

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Remarqué pour la première fois par Valérie Michelin (St-Georges Sony Music) en 2002, Fred signe pour quatre albums avec le label en février. Un premier six titres enregistré dans la banlieue orléanaise et autoproduit, vendu à deux mille cinq cent exemplaires à la Fnac et lors de ses concerts, lui ouvre les ondes de France Inter et lui permet de voir son titre phare, Imbécile heureux, intégrer le sampler du numéro de décembre 2002 du magazine Rolling Stone et la compilation Indétendances de la Fnac en février 2003.

Fred commence à se faire un prénom après cette signature et avec ce premier sampler, et son planning de concerts géré par Furax se renforce de quelques belles prestations. De la scène du Zig aux premières parties enflammées de M, de Kent ou de Tété, en passant par celles de Gérald De Palmas, il impose doucement au public un style qui lui est propre.

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Pour donner vie à son premier album, Sauter du Nid, enregistré en trois semaines, lui aussi dans un gîte du coté d'Orléans et sorti en 2003, Fred a collaboré, entre autres, avec Camille Baz Baz et Denis Benarosh, musiciens de Renaud et de Laurent Voulzy, mais aussi avec des potes rappeurs comme Bila Salu.

Une ambiance à la fois bossa, pop, ballade, reggae, rap, un phrasé assez particulier, mi-chanté, mi- parlé et des orchestrations riches en Rhodes, percussions et guitare acoustique, la musique de Fred revendique son éclectisme et se veut allergique aux classifications.

S'il chante en français, Fred se reconnaît assez peu clans la catégorie "chanson française". Ses influences entre reggae et musique afro-américaine l'entraînent plus facilement du côté de la soul lascive. Amateur de concerts à la bonne franquette, il alterne chansons fortes et moments plus légers.

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Sur un blues, il entonne Hameçon, titre inspiré des victimes du tsunami, puis, quand l'ambiance se plombe un peu trop, il relance d'un caustique Le Grand Méchant Bush, coécrit avec le chanteur Chet. Ces titres sont accompagnés au piano, mouillés de beats électro et de kora malienne. A la fois métisseur et minimaliste, Fred est le représentant d'un nouveau type de francophonie, humaniste, cosmopolite, ouverte au monde et à la différence.

Trente ans et des poussières, le physique d'un rugbyman, des yeux délavés et une belle gueule cinématographique, Fred dit que la musique est sa thérapie, "l'une des branches de son étoile".

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Ses textes sont introspectifs, simples et véritables. Ils racontent un univers parfois sombre, difficile et désabusé. Etre triste dans ses chansons lui permet d'être gai dans sa vie.

Seul avec sa guitare, Fred joue comme tout un orchestre. S'inspirant du Slap des bassistes funk, il marque les temps forts d'un coup du pouce, ses autres doigts pinçant les cordes.

Lors du prochain concert au Laboratoire de Jérusalem, invité par le centre culturel Romain Gary, il sera rejoint par deux musiciens israéliens, pour un accompagnement à la basse et a la batterie. Un jeu captivant, à la fois rythmique et mélodique qui habille à merveille Mon pays, l'un des nouveaux morceaux qui seront présentés au public israélien, une lente complainte sur cet Occident qui manque d'excitant. Sans jouer au chanteur engagé, Fred donne son avis sur la vie mais avec beaucoup de recul, presque en terme de spectateur.

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Mercredi 7 février : The Lab, 28 Bd Hevron, Jérusalem, à partir de 21 h.
Réservations : 02 629 2000 ou 02-629 20 01. Site Internet : www.maabada.org.il
Se présenter à l'accueil du centre Romain Gary pour bénéficier du tarif réduit.
Lundi 12 février : Centre Monart, 16 rue Ha'gdud Ha'hivri, Ashdod, à 20h. Réservations: 08-854 51 70.

Mardi 13 février : Kamelot, 85 rue Medinat Hayehudim, Herzliya à partir de 20h30. Réservations : 09 958 89 93.

Mercredi 14 février : Levontin 7, Tel-Aviv à partir de 20 h, Réservations 03 560 50 84.
Des deux côtés

Dans la perspective de se faire sa propre opinion, Fred a décidé, outres les grandes villes d'Israël, de jouer à Ramallah.

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Propos recueillis par Maurice Ifergan (Kol Hashalom) :

Est-ce que cela vous fait tout drôle d'avoir votre tête sur ne affiche écrite en hébreu ?

Oui, parce que je trouve que l'écriture hébraïque est très belle I L'effet calligraphique est d'un très bel effet sur les affiches. En plus, je ne pensais pas venir un jour venir du côté de Jérusalem, vu la façon dont on la voit par l'?il des médias en France. Je ne pensais pas avoir la chance de venir à Jérusalem.

Qu'est-ce qui vous a amené ici ?


La disponibilité que j'avais après l'enregistrement de mon dernier album. Je devais déjà venir, mais avec les événements au Liban, on a reporté les concerts. Ma disponibilité donc, et "l'accalmie" dans la météo d'Israël.

Vous passez aussi par les Territoires à Ramallah.

En effet. C'est important pour moi de voir les deux versants de ce n?ud complexe que l'on regarde par le prisme des médias en France. Au bout d'un moment, de France, on ne comprend plus rien du tout, sur les cessez-le-feu, la reprise? C'est important pour moi d'être sur les deux côtés pour pouvoir voir ce qui s'y passe.

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Dans quel état d'esprit abordez-vous cette tournée proche-orientale, si l'on peut dire ?

Justement, je veux jouer pour tout le monde. Je ne peux pas être impliqué dans la vie qui se passe ici si je choisis avant de venir une origine ou un camp. Mon travail en France et sur la scène quand je tourne dans d'autres pays, c'est de faire de la musique pour tout le monde.

Sandrine Bendavid (Jerusalem Post Edition Française, février 2007)