Hoffmann1

Les Contes d'Hoffmann est l'un des rares opéras de Jacques Offenbach, plutôt connu et reconnu pour ses opérettes et opéras bouffes. Sa première a eu lieu à l'Opéra-comique de Paris, le 10 février 1881. Le libretto est de Jules Barbier, d'après la pièce écrite en 1851 avec Michel Carré. Il est inspiré de trois histoires d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann : Der Sandmann, Rat Krespel et Das Verlorene Spiegelbild.

Hoffmann2


Hoffmann était un auteur et compositeur romantique aile and prolifique. Comme c'est souvent le cas dans ses histoires, il est lui-même son propre personnage dans cet opéra. L'univers des contes est délibérément fantastique et certains ont servi de base à Sigmund Freud pour ses théories sur "l'inquiétante étrangeté". Offenbach a dû voir la pièce de Barbier et Carré lors de sa création à l'Odéon en 1851. Ce n'est qu'en 1876, au retour de sa tournée américaine, qu'il cherche à en faire un opéra. Il modifie sensiblement la structure originale de l’oeuvre. A sa mort, la partition est encore inachevée et il faut la compléter pour pouvoir la représenter.

Cet état d'inachèvement est d'autant plus regrettable qu'on perçoit, dans Les Contes d'Hoffmann, un renouveau et un aboutissement de l'écriture d'Offenbach. Cet opéra a été maintes fois mis en scène et enregistré dans l'histoire et une adaptation cinématographique britannique en a été faite en 1951.

Hoffmann4

Il s'agit de trois histoires de femmes et d'une quatrième qui les encadre, dont Hoffmann est à la fois le narrateur et le héros malheureux. Tout commence dans une taverne de Nuremberg. La muse du poète apparaît. Elle révèle son intention d'attirer l'attention d'Hoffmann sur elle seule et de lui faire renier toutes ses autres amours afin qu'il soit complètement dévoué à elle : la poésie. Unissant l'esprit du grand opéra à sa veine bouffonne habituelle pour exploiter les thèmes du double, du surnaturel et du manichéisme, Offenbach s'inscrit avec force dans le romantisme musical français.

Hoffmann6

Le spectacle présenté à Tel-Aviv est coproduit par El Teatro Real de Madrid, l'opéra israélien, le théâtre du Capitole de Toulouse et le Teatro Regio de Turin, et soutenu par le réseau culturel français en Israël.

Le metteur en scène Nicolas Joël est né à Paris, où il a effectué ses études. En 1973, il a été engagé à l'opéra du Rhin comme assistant metteur en scène, fonction qu'il a exercée jusqu'en 1978 à Strasbourg, aux festivals de Bayreuth et de Salzbourg, et à l'opéra de San Francisco.

En 1979, il débute sa carrière de metteur en scène avec une production du Ring pour les opéras du Rhin et de Lyon. En 1981, il met en scène Samson et Dalila avec Shirley Verrett et Placido Domingo à San Francisco, puis Aida avec Luciano Pavarotti à San Francisco, Chicago et Toronto.

Hoffmann3

En 1995, il monte Faust à San Francisco, puis fait ses débuts au Metropolitan Opera de New York en 1996, avec une nouvelle production d'Andrea Chénier, avec Luciano Pavarotti dans le rôle titre.

En 1999, il dirige une nouvelle production de Manon à la Scala de Milan. En 2002, il présente la nouvelle production de La Rondine au Covent Garden. Depuis 1990, Nicolas dirige le Capitole de Toulouse.

Il a reçu à deux reprises le prix de la critique dramatique et musicale pour ses productions lyriques, ainsi qu'une Victoire de la musique en 1996, dans la catégorie "meilleure production lyrique" pour le Dialogue des Carmélites. Il est chevalier de la Légion d'honneur, et vient d'être nommé nouveau directeur de l'opéra de Paris.

Le maestro Fréderic Chaslin a fait des études de piano, d'écriture et d'accompagnement après lesquelles il a été lauréat du premier concours international de piano Miloz Magin à Paris, puis est devenu successivement assistant de Daniel Barenboïm, avec l'Orchestre de Paris et au festival de Bayreuth, puis assistant de Pierre Boulez à l'Ensemble intercontemporain. Il a été directeur musical de l'opéra de Normandie de 1991 à 1993.

Depuis 1998, Frédéric Chaslin est directeur musical du Jerusalem Symphony Orchestra et chef en résidence à l'opéra de Vienne.

Hoffmann5

Les interprètes principaux de la production des Contes d'Hoffmann à Tel-Aviv sont des chanteurs étrangers de renommées internationales aux côtés de chanteurs israéliens : les ténors américains Antonio Negora et Carlo Scibelli, les mezzo-sopranos Elena Balfiore et Ayleen Ates, et les chanteurs israéliens Vladimir Braun, Hila Baggio, Ira Bertman, Larissa Tetuev, Guy Mannheim, Alexei Kanunikov, Yosef Aridan, Sami Bechar, Noah Briger et Svetlana Sandler.

Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach, opéra national, "Hamishkan Le Omanouyiot Habama". Tel-Aviv Performing Art Center, 19, rue Shaoul Hamelekh, Tel-Aviv. Renseignements. et réservations. : 03-692 77 77 ou sur le site www.israel-opera.co.il


Sandrine Bendavid (Jerusalem Post Edition Française, février 2007)